- May 8, 2024
Comment Le Stress Nous Affecte Vraiment ?
- Kevin Ferreira
Tout le monde ne parle que de ça : "c'est le stress ceci", "le stress va m'achever" et "il faut apprendre à réduire son stress".
Le simple fait de penser au stress me stresse, sans parler de toutes les informations erronées dont il fait l'objet.
Le stress est-il toujours mauvais ?
Le système nerveux autonome
Commençons par le système nerveux autonome (SNA).
Le SNA fait parti du système nerveux central (SNC) et est un système de nerfs en réseau, répartis dans tout le corps, qui contrôlent des processus de manière inconsciente tels que le rythme cardiaque, la pression artérielle, la respiration, la digestion et l'excitation sexuelle. Il fonctionne donc de manière autonome en arrière-plan.
C'est la clé de notre survie car c’est grâce à lui que l’équilibre du corps face aux changements externes est maintenu (ex.température, pression sanguine).
Le SNA relie notre cerveau à la majorité de nos organes internes et se compose de trois parties distinctes.
1. Système nerveux sympathique (lutte ou fuite)
Ce système active les processus qui nous aident en cas de besoin, en particulier en cas de stress ou de danger : il nous prépare à la lutte ou à la fuite.
2. Système nerveux parasympathique (repos et digestion)
Ce système est l'opposé direct du système nerveux sympathique. C'est le côté de notre SNA dans lequel nous voulons vraiment vivre. A la cool, sans stress.
3. Système nerveux entérique
Ce système n'est pas souvent mentionné, mais il est extrêmement important. Ce dernier fonctionne indépendamment du cerveau ou de la moelle épinière. C’est un réseau de neurones sensoriels et sa principale fonction est de gérer la digestion des aliments.
L’image ci-dessus nous permet de mieux comprendre le tout:
Imaginons notre maison avec tous les câbles électriques à l'intérieur des murs qui vont jusqu'à chaque appareil de notre maison:
Le frigo fonctionne en permanence, tout comme les battements de notre cœur et notre respiration.
Les lumières s'allument et s'éteignent en fonction des besoins.
Vous voyez ce que je veux dire.
➡︎ Les nerfs sont les câbles qui relient notre cerveau à nos principaux organes internes.
Voici un exemple du fonctionnement de votre SNA:
On a une peur soudaine.
Notre corps sent le danger et le SNA déclenche inconsciemment son circuit sympathique.
Yeux : nous devons être en mesure de voir clairement pour évaluer le danger et courir, et pour ce faire nous avons besoin de plus de lumière c’est pourquoi le SNA dilate les pupilles.
Cœur : Pour fuir ou combattre, notre cœur doit battre plus vite et nos vaisseaux sanguins doivent se dilater pour permettre au sang d'être pompé plus rapidement afin de donner à nos muscles l'énergie nécessaire pour réagir.
Poumons : Pour oxygéner notre sang, nous devons respirer plus vite. Pour ce faire, les poumons se dilatent et se contractent plus rapidement.
Il ne s'agit là que de quelques exemples de la manière dont nous réagissons inconsciemment pour ce qu’il en est de l'aspect sympathique de notre système nerveux.
Comment le stress nous affecte-t-il ?
En cas de stress dans notre corps, la réponse sympathique est déclenchée pour y faire face.
Cette réponse déclenche une libération d'hormones, dont le cortisol.
Des niveaux équilibrés de cortisol sont essentiels à la santé, mais un excès ou un manque de cortisol a un impact significatif.
➡︎ Notre réponse inflammatoire, notre système immunitaire et notre métabolisme sont tous affectés par des niveaux élevés de cortisol.
Des niveaux élevés de cortisol ont un impact sur la façon dont notre corps métabolise le sucre en augmentant notre taux de glycémie.
Un stress élevé inhibe également la libération d'insuline pour empêcher la baisse du taux de sucre dans le sang et rend notre corps plus résistant à l'insuline.
Tout cela est logique si l'on pense que le corps se prépare à combattre ou à fuir et qu'il prépare l'énergie nécessaire pour se mettre en activité.
Pour se rendre compte de ton état actuel il est possible de faire une petite vérification: vérifie en ce moment même si tu respires par la bouche. Si c'est le cas, ton corps est plus que probablement dans un état sympathique. Il essaie d'obtenir plus d'oxygène en respirant par la bouche.
Un état sympathique suractivé augmente l'anxiété, les crises de panique, la nervosité, l'essoufflement, les palpitations cardiaques, l'hypertension artérielle pour n'en citer que quelques-uns.
L'état sympathique a un impact réel sur les personnes qui souhaitent développer leurs muscles ou perdre du poids, et ce dans deux sphères principales :
L'insomnie (mauvais sommeil) et l'incapacité à digérer correctement nos aliments.
Le stress, ou le fait de vivre trop longtemps dans un état sympathique, a un impact considérable sur le sommeil en raison de notre incapacité à nous détendre.
Le fait de ne pas pouvoir s'endormir ou de ne pas dormir suffisamment, a un impact important sur les hormones de contrôle de la faim que sont la ghréline et la leptine.
Le sommeil est l'endroit où la magie opère dans de nombreuses fonctions biologiques.
L'hormone de croissance humaine (HGH) est libérée, et notre corps “fait le ménage” dans notre cerveau et se répare pendant que nous dormons.
Un sommeil insuffisant augmente la ghréline, ce qui accroît la faim et rend très difficile le respect d'un déficit calorique si l'objectif est de perdre du poids/gras.
Il peut aussi en résulter des problèmes de prise de masse grasse excessive dans une phase de construction musculaire.
Est-ce vraiment utile de mentionner l'impact de la fatigue sur notre état physique et émotionnel… Trop fatigués pour s'entraîner avec une quelconque intensité, on s'énerve parce qu'on ne peut tout simplement pas utiliser la machine que l'on veut. Personne n'est vraiment à l'aise lorsqu’on est fatigué.
Le deuxième problème majeur lié à l'état sympathique est que notre système digestif s'arrête en prévision d'une fuite ou d'un combat.
Tout se concentre sur la lutte pour la survie ou la fuite et la digestion n'est pas ce dont nous avons besoin en ces temps-là.
Ceci créer de gros problèmes pour métaboliser les nutriments que nous avons consommés : gaz, ballonnements, douleurs, constipation, diarrhée sont autant de symptômes d'un appareil digestif qui ne fonctionne pas dans un état sympathique.
Si tu présentes l'un de ces symptômes régulièrement, ta priorité doit être d'examiner et de gérer le stress plutôt que de te tourner directement vers des compléments alimentaires ou des médicaments.
Existe-t-il un bon stress ?
On peut affirmer que oui et les psychologues le qualifient d'eustress (stress positif).
L'eustress est un stress qui entraîne une réaction positive. Il est le contraire du distress et il peut avoir un impact physique ou psychologique.
Ce stress "positif" est généralement de courte durée et procure souvent une sensation de stimulation bénéfique plutôt que d'engendrer de l'anxiété ou de la peur. Ce type de stress est facile à gérer et peut même être motivant.
La réponse physique à l'eustress peut être assez similaire à celle du distress : sensation de nervosité, accélération du rythme cardiaque, des pensées qui défilent rapidement.
Alors qu'est-ce qui les différencie?
➡︎ C’est tout simplement la façon dont nous percevons ces sensations physiques.
L'un des meilleurs exemples d'eustress pour dans notre contexte, peut tout simplement être une solide séance d'entraînement : C'est un stress de courte durée, respiration accélérée, augmentation du rythme cardiaque, transpiration. Nous nous donnons à fond pendant une courte période.
Cette séance stimule nos neurotransmetteurs de bien-être, connus sous le nom d'endorphines. Cela nous procure de bonnes sensations, même si nous sommes techniquement "stressés". C'est donc un stress plutôt bénéfique pour nous.
➡︎ Un stress aigu bien dosé stimule notre cerveau, peut améliorer nos performances et notre santé.
À l'inverse, l'absence ou un excès de stress peut rapidement conduire à l'ennui, la dépression, et des complications de santé.
